mardi 10 juillet 2018

Grand Paris Express : les recours contre la ligne 18 rejetés par le Conseil d’Etat


En résumé, les avantages du métro aérien excèdent les inconvénients exercés sur la biodiversité et les espaces naturels.

Ça va être dur d'en rester là.


Par la décision de ce jour [09/07/2018], le Conseil d’État rejette ces recours.

Le Conseil d’État juge que la procédure suivie pour l’adoption du décret a été régulière. Il écarte notamment les critiques fondées sur les insuffisances de l’évaluation économique et sociale et de l’étude d’impact, ainsi que sur l’irrégularité de l’avis de l’autorité environnementale et sur celle de l’enquête publique.

Le Conseil d’État précise que le principe de prévention n’a pas été méconnu. Garanti par la Charte de l’environnement, ce principe implique d’éviter, de réduire et de compenser (ERC) les atteintes à la biodiversité. Dans ce cadre, le projet est susceptible d’avoir des incidences notables sur les milieux naturels, la faune et la flore. Toutefois, le Conseil d’État relève que le tracé retenu et les mesures d’évitement permettent d’atténuer significativement ces inconvénients, pour les eaux en particulier. Des mesures de compensation sont prévues pour réduire encore l’incidence du projet sur certaines espèces animales.

Le Conseil d’État admet, enfin, l’utilité publique du projet. Le projet participe au réseau de transport public du Grand Paris, prévu par la loi.  Il vise à relier les centres de recherche et d’études du plateau de Saclay à l’aéroport d’Orly. Il s’agit aussi de désenclaver certains secteurs du sud de l’agglomération parisienne (Massy, Saint-Quentin-en-Yvelines, Antony), de décongestionner les lignes de transport en commun existantes et de réduire la circulation automobile pour les déplacements de banlieue à banlieue. Même si les documents prévisionnels font état d’une fréquentation modérée sur une partie du tronçon, les avantages du projet excèdent, au regard des objectifs poursuivis par le réseau de transport public du Grand Paris, les inconvénients

Lire le communiqué officiel

Lire la décision

lundi 9 juillet 2018

Enquête publique Ligne 18 - Autorisation environnementale - J-1

J-1
Une nouvelle enquête publique est en cours. 
SON BUT: obtenir une autorisation environnementale pour détruire l'environnement et faire "ça"!

Il reste peu de temps.

Vous avez jusqu'au mardi 10 juillet 19H00 
pour dire simplement NON! 

Ne rien dire, ne rien écrire, ne pas réagir, 
c'est accepter

Pour consulter le dossier, rendez vous sur 

Pour exprimer votre avis en ligne en quelques clics, rendez vous sur:

Sinon, rendez-vous en mairie d'Antony, de Palaiseau, Versailles ou Magny les hameaux aux horaires indiqués sur:

Retrouvez les dernières informations
des défenseurs du Plateau de Saclay, associations, collectifs et des Maires des 4 communes sur le trajet de la ligne 18 qui se sont élevés contre la déclaration d'Utilité Publique de la ligne 18 en attaquant la décision au conseil d'état.

Lisez Le plateau déraille,
https://drive.google.com/open?id=1VRhdf6ksqHTzIcMaBF9aMdaPcMmc5q0t
le journal réalisé par les 4 municipalités de Villiers-le-Bâcle, Châteaufort, Saclay et Magny-les-Hameaux, avec l’aide d’associations du Plateau et des vallées. Il a pour but de partager de vraies informations sur les risques réels de la ligne 18, sur les contradictions et incohérences des promoteurs du projet, sur l’insuffisance de leurs réponses aux critiques de l’Autorité Environnementale

Tiré à 20.000 exemplaires, largement diffusé autour du trajet de la ligne 18: Gif, Les Ulis, Montigny, Voisin, Chateaufort, Villiers le Bâcle, Saint-Aubin, Orsay.



Retrouvez la campagne d'information du collectif
http://www.enterrezlemetro.fr/p/campagne-de-comm-qr.html
diffusée sur les chemins de randonnées le long de la ligne 18!

et participez à

mardi 22 mai 2018

Enquête Publique Environnement Ligne 18

Les panneaux jaunes sont de retour.

Enquête Publique Environnement





Du lundi 11 juin 2018 8h30 
au mardi 10 juillet 2018 19H00


Extrait


Cette demande d'autorisation concerne les communes (...).

La ligne 18, d'une longueur de 35 km, desservira directement les 3 départements des Hauts-de- Seine, de l'Essonne et des Yvelines. Elle comprendra 10 gares: Aéroport d'Orly (...), Antonypôle, Massy Opéra, Massy-Palaiseau, Orsay-Gif, CEA Saint-Aubin, Saint-Quentin Est, Satory, Versailles Chantiers, ainsi qu'un centre d'exploitation dédié à la ligne.

Son tracé comprend une partie en souterrain et une partie en aérien entre l'école polytechnique à Palaiseau et le golf National de Guyancourt.

Des images 






Un contexte


  • 8 ans que notre environnement est menacé, 8 ans d'actions
  • La Déclaration d'Utilité Publique est attaquée par 2 recours devant le conseil d'état, 4 communes refusent le viaduc, mais ça n'arrête pas. 
  • Tout citoyen normalement constitué refuserait un métro aérien devant ses fenêtres: 100km/h, toutes les 2 minutes
Oui, mais voilà: ceux qui soutiennent et vendent ce projet destructeur de notre environnement n'en ont que faire. 
  • Communauté Paris Saclay, 
  • Etablissement Public Paris Saclay, 
  • Conseil Départemental 91, 
  • Société du Grand Paris
  • Guyancourt
  • Voisin le Bretonneux
Aucun de leur acteurs ne subiront les conséquences directes qui détruiront notre environnement. Ils n'habitent pas et n'habiteront pas là. Ils veulent juste... passer.... quoi qu'il en coûte à leurs semblables qui sont sur le chemin et étaient là avant... 

Les habitants et utilisateurs actuels du Plateau de Saclay ne font pas partie de leur projet d'urbanisation, nous n'existons pas pour eux. 

Réagir ou laisser faire?

vendredi 6 avril 2018

Le Grand Paris revisité

Le gouvernement a rendu son arbitrage sur le Grand Paris le 22 février


Article SGP

A retenir, la ligne 18, aussi inutile que dévastatrice, n'en est pas pour le moins abandonnée. La partie Orly jusqu’à la gare CEA Saint-Aubin est reculée à 2027 (au lieu de 2024), la partie CEA Saint-Aubin à Versailles Chantiers est reculée à 2030.

Grosso modo le calendrier initial en vigueur avant que les Jeux Olympiques de 2024 ne débarquent et que l'exposition universelle de 2025 sur le plateau de Saclay ne fasse gonfler la pression mediatico-mégalomanique des élus du plateau de Saclay, au point qu'ils exigeassent de la SGP l'intégralité de la ligne pour 2024!!!
Au grand dam des élus du plateau, mais pas tous, car n'oublions pas nos 4 communes - Saclay, Villiers le Bâcle, Chateaufort et Magny-les-hameaux - qui n'abandonnent pas la partie et continue de dire NON à la ligne 18 et à son VIADUC.

Les recours déposés contre cette Déclaration d'Utilité Publique scandaleuse avec les associations entretiennent un espoir de voir reconsidérer les besoins pour aboutir à des solutions de mobilité respectueuses de l'environnement, du cadre de vie et des habitants.

En conclusion, des projets replanifiés à des dates encore très tendues, mais aucune confirmation de l'enterrement revendiqué par nos députés Cédric VILLANI et Amélie de MONTCHALIN  en assemblée publique lors des assis de la mobilité...

Depuis, le sujet est très vite retombé dans l'oubli. IA pour l'un, Finances pour l'autre, Grêve SNCF pour d'autres, quand ce n'est pas la neige ou les déchets... Il reviendra plus fort et plus brutal à n'en pas douter, quand on ne l'attendra plus...

En attendant, d'autres nouveautés annoncées sont sorties...

Exit Philippe YVIN 

Le président du directoire de la SGP porte la responsabilité de ce fiasco, c'est une chose:19 Milliards d'Euros, puis 23, puis 28, puis 38 Milliards, une charge financière réévaluée à plus de 133 Milliards d'Euros si la trajectoire prise par la SGP n'avait pas été rectifiée. A trop promettre...

Nous en retiendrons surtout l'arrogance de ses interventions lorsqu'étaient évoqués les sujets des habitants, de la sûreté nucléaire, et de la préservation de l'environnement et des espaces agricoles du plateau de Saclay. Des réunions de concertation où la SGP parle sans répondre aux questions posées.

Thierry Dallard, futur patron de la Société du Grand Paris

4 choses à savoir sur Thierry Dallard, futur patron de la Société du Grand Paris

A quoi s'en tenir?

dimanche 18 février 2018

Ligne 18 - Revue de presse, Facebook, et Twitter en ébullition

Ça bouge beaucoup dans la presse, sur Twitter et Facebook ces temps ci! Si vous voulez vous tenir au courant du sujet de la ligne 18, c'est le moment de créer un compte et de suivre l'actualité.

Pour la ligne 18 qui nous concerne, il y de quoi s'étonner de l’entêtement que manifestent 
  • le CD91 - Conseil Départemental de l'Essonne - , 
  • la CPS - Communauté Paris Saclay - , 
  • l'EPAPS - Etablissement Public d'Aménagement Paris-Saclay, 
  • la CASQY - Communauté d'Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, 
  • et Versailles Grand Parc , 
à exiger de l'état un moyen de transport inadapté qui transportera 50.000 personnes/jours (oublions les 100.000 estimés par la Société du Grand Paris qui gonfle toutes ses recettes et minore les dépenses depuis 10 ans comme la Cour des Comptes l'a révélé...), très loin de nécessiter un métro! 300 000, 400 000, 600 000 personnes/jour!

Quel intérêt ont-ils à refuser de participer à la réflexion? Quel intérêt ont-ils à camper sur leurs positions, les défendant tels des avantages acquis? Pour qui? Ce n'est pas l'intérêt public qu'il défendent ainsi.

Ça commencerait pourtant à évoquer de véritables études de solutions de mobilités pour les citoyens, de solutions réfléchies et étayées, plutôt que de la mise en oeuvre d'une solution décrétée "en chambre", en écartant d'entrée toutes les autres, mêmes pertinentes et bien plus économiques.

16 février 2018 - Le Parisien

Supermétro : les maires d’Île-de-France perdent patience
Twitter @leparisien_91 - Pas tous les Maires ! Vous devriez toujours  rappeler qu'il y en a qui sont contre et qui ont déposé un recours en conseil d'état contre la déclaration d'utilité publique de la ligne 18!
Les "pauvres"... Pitoyables et peu endurants ! Les habitants du plateau de Saclay luttent eux depuis 7 ans contre le "cheval de fer" perché  sur le viaduc de la ligne 18 et ces maires là s'en foutent !

14 février 2018 - Le Parisien

Plateau de Saclay : les « maires ruraux » présentent leurs solutions alternatives à la ligne 18
Facebook - Un grand bravo à cette initiative volontariste et responsable, face à toute cette désolation politique que nous offrent tous ces autres élus bien établis et bien plus capés, du 78 ou du 91, qui ne savent que capricieusement réclamer LEUR LIGNE 18, une gare POUR CHACUN d'eux, un caprice sans même avoir réfléchi à L'EFFICIENCE de la solution d'une Société du Grand Paris qui ne sait construire... que des métros !
Et encore, la compétence de la SGP a très sérieusement et récemment été mis à bas par la COUR DES COMPTES. Une ligne 18 qu'ils n'auront surtout même pas à financer par eux-mêmes puisque l'état paie et sera donc responsable de l'augmentation de L'IMPÔT et de l'impopularité qui va avec : pas eux !
Pour le citoyen qui nous intéresse, il faut des solutions intelligentes et respectueuses de l'environnement et des finances publiques, il faut donc regarder ailleurs ! Sans arrogance, sans mépris, sans ignorer insidieusement les habitants et un environnement naturel dont il faut prendre soin. Ce métro est un projet du siècle dernier, celui de l'industrialisation débridée, sans souci des dommages causés. La solution du XXI ème siècle n'est décidément pas cette ligne 18.

11 février 2018 - Le JournalDdu Dimanche

Super-Métro automatique, peut-on faire mieux?

7 février 2018 - Le Parisien

Grand Paris Express : vers un retard de deux ans sur les principales lignes

5 Février 2018 - Alternatives économiques

TRIBUNE  Grand Paris Express : mais pourquoi l’Etat prend-il de si mauvaises décisions ?
Facebook - Faut-il encore laisser persister ce fiasco annoncé ?
"Le Parlement pourrait par exemple ouvrir une commission d’enquête sur le fiasco du plateau de Saclay."
"Certains plaident pour une approche plus décentralisée : l’Etat ferait mieux de laisser les universités, les grandes écoles et les centres de recherche choisir eux-mêmes leur localisation"
"Le fait que Polytechnique se situe près du centre R&D d’EDF change-t-il quelque chose ? Si les effets d’agglomération au niveau de la métropole sont bien documentés, il n’y a pas de consensus autour de la pertinence des clusters locaux."


29 Janvier 2018 - Villes Rails & Transports "remet le couvert"

Grand Paris Express : Edouard Philippe se donne un mois pour trancher
Facebook - Ça parle plus de taxes à créer que d'optimisation, pour un réseau pharaonique dont l'efficacité est remise en cause par des experts de tous bords... Il semble que tous ces élus revendicateurs s'y connaissent assurément beaucoup mieux en taxes qu'en transports, ce qui n'est pas étonnant. Hallucinant tout ça? Mais pas surprenant. La continuité, pour un projet élaboré en 2009 en quelques mois par un secrétariat d'état, déjà en l'absence d'une expertise urbanistique qu'il aurait fallu mobiliser. Quelle folie ! A quand une vraie réflexion ? 


Le rapport du 5 janvier 2018 de la Vie du Rail est éloquent sur trafics attendu sur les lignes du GPE

samedi 27 janvier 2018

Le Grand Paris va dans le mur ? « On l’avait bien dit » rappelle le Cercle des Transports

Le métro du Grand Paris est un réflexe d'acteurs et décideurs de la décennie passée, et vraiment pas une solution efficace aux enjeux de transport qui se dessinent devant nous...

Le cercle des transports s'est exprimé sur les récents événements d'un métro du Grand Paris qui dérape de partout! Délais, Coûts, Efficacité!

Le Cercle des Transports, association régie par la loi de 1901, a pour but de rapprocher au cours de réunions amicales, des
personnalités du monde des transports et de permettre ainsi des échanges de vues libres et approfondis sur les problématiques de l’avenir du secteur.

Riche d’une histoire de plus de 70 ans, le Cercle des Transports réunit les responsables, au plus haut niveau, des grandes entreprises de transport, publiques ou privées, appartenant aux différents modes (routier, ferroviaire, maritime, fluvial, aérien, spatial), ainsi que des personnalités des administrations et organismes publics concernés.


Article de Ville Rail & Transports - Le Grand Paris va dans le mur ? « On l’avait bien dit »


Morceaux choisis d'un court article révélateur:
L’explosion des coûts de la SGP, les experts du Cercle des transports l’avaient annoncée : 37 milliards, disent-ils depuis 2015. Bien vu...
Renoncer à ce qui n’est pas indispensable : la ligne 18 de la SGP, par exemple, nécessite-t-elle un métro ? Et, comme le Cercle des transports l’a déjà préconisé, confier un audit des transports en Ile-de-France à un réseau asiatique, comme MTR, de Hongkong, dont l’excellence opérationnelle dans le mass transit est reconnue dans le monde entier...
Jamais l’on n’a connu une telle accélération de technologies nouvelles. Peut-on sérieusement parier sur la pertinence et donc l’amortissement à très long terme d’un système de transport que l’on réalise aujourd’hui ?

vendredi 26 janvier 2018

Quand la Cour des Comptes donne l'alerte sur les dangers que la Société du Grand Paris nous fait courir!

Les médias en parlent depuis plus d'une semaine

Dur de passer à coté. Le rapport de la cour des comptes sorti le 17 janvier 2018 a fait couler beaucoup l'encre et de larmes d'élus qui ont fait de la ligne 18 leur argument commercial favori pour rallier des écoles et des sociétés à venir s'installer au milieu des champs du plateau de Saclay, n'en déplaise à celles et ceux qui ne le voulaient pas, n'en déplaise aux activités agricoles et naturelles qui étaient déjà là et qu'il a fallu pénaliser!

L'abandon de l'Exposition Universelle de 2025 sur le plateau de Saclay est passée par là pour ces élus, avec un métro encore moins utile: encore fallait-il bien le faire ce métro et tout le site de l'expo avec, pour un événement aussi destructeur de terres qu’il est éphémère! 

Au point qu'une concertation soit en cours entre ces élus et le Premier Ministre pour la révision du calendrier du Métro du Grand Paris. Le danger étant que si l'état laisse les choses se faire comme la SGP s'est engagée à les faire, alors la SGP et son projet de métro nous entraîneront inexorablement  dans un fiasco financier irréversible, ce que la Cour des Comptes nomme insoutenabilité de la dette, c'est à dire l'incapacité à rembourser...! Rien que ça! 
  • 19 Milliards d'Euros, puis 23, puis 28, maintenant la SGP annonce 38 Milliards, une charge financière réévaluée à plus de 133 Milliards d'Euros si la trajectoire prise par la SGP n'est pas rectifiée.
Dans cette situation, comment des élus de la CPS et du CD91 peuvent-il réclamer une ligne 18 qui participe à notre perte. Une utilité d'ailleurs toujours non démontrée, lorsque qu'on idéalise ce métro comme solution unique pour résoudre des problèmes de transport qu'on n'a même pas analysés!!!
On construit, on dépense, et on voit si ça marche... N'est ce pas ce que la SGP a fait jusqu'à maintenant pour en arriver là où on en est?

La SGP ne maîtrise pas son sujet

  • Des études fragiles
  • Un penchant à tout promettre sans évaluation technique sérieuse
  • Une tendance à ignorer les questions des experts même lorsqu'ils interviennent dans un cadre légal 
  • Des coûts et des aléas sous-estimés font face à des recettes sur-estimées! 
  • Un risque certain pour les finances de notre pays

L'article du Canard enchainé (merci Moulon 2020) résume parfaitement le rapport.


Le rapport de la Cour des Comptes

La conclusion du rapport parle d'elle-même

La Cour croit nécessaire d’alerter sur le dérapage considérable du coût prévisionnel du projet de Grand Paris Express et sur le risque d’insoutenabilité de la dette de la SGP en cas de dégradation des hypothèses sur lesquelles a été bâti son modèle financier.

Les coûts réels d’investissement du projet ne sont toujours pas stabilisés et sont en toute hypothèse déjà largement supérieurs aux coûts d’objectif fixés par le Gouvernement en mars 2013 (25,5 Md€2012), et même à ceux arrêtés par le conseil de surveillance de l’établissement en mars 2017 (28,9 Md€2012). La dernière réévaluation des coûts à terminaison, transmise par la SGP au Gouvernement fin juillet 2017, estime les dépenses totales de la SGP à 38,5 Md€2012 avec les « contributions ». Ce dernier montant traduit un dépassement de plus d’une douzaine de milliards d’euros par rapport à l’objectif fixé par le Gouvernement en mars 2013 et de près d’une dizaine de milliards d’euros par rapport aux décisions d’opérations d’investissement approuvées par le conseil de surveillance de l’établissement.

Le calendrier de réalisation des infrastructures est devenu une contrainte majeure pour la SGP, encore renforcée par les décisions d’accélération des mises en service dans la perspective de l’organisation des Jeux olympiques en 2024. Il en résulte une tendance constante à faire primer les objectifs de délais sur ceux de maîtrise des coûts, des prises de risques opérationnels, et une absence de considération pour les estimations de coûts à terminaison, pouvant aboutir à un emballement et à une perte de contrôle technique et financier du projet. Par ailleurs, la faisabilité du projet dans un délai aussi rapproché (toutes les lignes ont une plage de travaux commune entre 2019 et 2023) et concomitant avec d’autres très grands projets souterrains (EOLE, CDG Express, liaison ferroviaire Lyon-Turin) demeure toujours incertaine au regard de la capacité du secteur des travaux publics à répondre à la demande. Cela amène à émettre de sérieuses interrogations sur la capacité à respecter les échéances olympiques de 2024.

Au-delà des enjeux liés au pilotage des coûts, des risques et des délais, se pose la question de la soutenabilité du modèle économique de la SGP. Si celui-ci était conçu pour être équilibré à long terme en permettant l’amortissement de la dette du projet d’ici 2070 par des recettes fiscales affectées, de forts doutes peuvent être désormais émis sur cette perspective. En effet, la dérive des coûts du projet et les incertitudes sur certaines hypothèses de recettes attendues par l’établissement remettent en cause le principe d’un amortissement complet de la dette en 2070, multiplient par quatre au moins le montant des frais financiers que la SGP devra payer par rapport à l’hypothèse de base du modèle financier de l’établissement d’octobre 2016 (NDLR: On passe de 31 Milliards d'Euros à 133 Milliards d'Euros!!! - Rapport page 72), et conduisent même à s’interroger sur le caractère amortissable de cette dette à long terme.

L’ensemble de ces éléments conduit la Cour à préconiser une réforme de la gouvernance de l’établissement et du pilotage du projet, et une réévaluation du dimensionnement des effectifs de la SGP au regard des enjeux exceptionnels du projet que porte l’établissement. Par ailleurs, la Cour estime que le coût du projet doit désormais être stabilisé, et que ce nouveau coût doit s’imposer à la SGP. La Cour considère également que les objectifs du calendrier de mises en service sont de nature à accroître l’instabilité de la maîtrise des risques et des coûts. Cela justifie de revoir le calendrier, notamment au regard de la concomitance d’autres grands projets d’infrastructures et des contraintes que fait peser la perspective de l’organisation des Jeux olympiques en 2024. 
Néanmoins, la seule modification du phasage du projet d’ici 2024-2030, telle que proposée par le préfet de la région d’Île-de-France dans son rapport du 21 septembre 2017, ne permet pas de s’assurer de la soutenabilité de long terme du modèle économique de la SGP et du projet.

La Cour estime que cette soutenabilité doit être préservée par l’État, ce qui nécessite une révision du périmètre du projet et de son phasage, faute de quoi il serait contraint d’affecter à l’établissement de nouvelles recettes.

mardi 16 janvier 2018

Nouveau courrier au Premier Ministre - les 4 Maires prêts à répondre à la Société du Grand Paris

Suite du courrier du 27 novembre 2017

les 4 Maires prêts à répondre à la SGP lorsqu'elle consentira à produire son mémoire en défense devant le conseil d'état... après la tenue des assises de la mobilité, moment très riche que chacun peut retrouver en intégralité et présenté sur...

http://www.assises-mobi-saclay.fr/ 



Retranscription intégrale de l'original PDF






Monsieur Le Premier ministre
Edouard PHILIPPE
Hôtel Matignon
57 rue de Varenne
75700 Paris SP 07

N. Réf. PG/ML/17/
Objet : Arbitrage concernant la ligne18

Monsieur le Premier ministre,

Nous donnons suite à notre lettre du 28 novembre dernier (N/réf. PG/ML/17) où nous évoquions l'organisation, en collaboration avec les mouvements associatifs locaux et régionaux, du colloque consacré aux mobilités sur le plateau de Saclay, dans le cadre des Assises de la mobilité. En suscitant cette confrontation d'experts en transport et en innovations technologiques avec des spécialistes en démographie, en urbanisme, en économie des bassins d‘emploi (notamment), nous avons le sentiment d'avoir réalisé la mission que s'assignait le futur Président de la république lorsque, traitant du sujet du Grand Paris Express, il évoquait le problème des circulations sur le plateau de Saclay:

"Nous ignorons ce que seront les transports dans dix ans. (...) Sur les parties les moins fréquentées du futur réseau de métro automatique, celles où le retour socio-économique et écologique est le moins évident, il n'est pas interdit de se demander si un mode de desserte peu onéreux ne serait pas susceptible de se substituer à un autre, très onéreux. La décision est difficile à prendre pour l'instant parce qu'elle dépend de l‘évolution technique et des usages. Je pense à la desserte du plateau de Saclay par la ligne 18 : des experts devront être réunis pour nous dire si l’évolution attendue des technologies mérite d'amender le projet du Grand Paris Express ou si rien ne le justifie." 
(Extrait de l'interview d'Emmanuel Macron dans la revue Grand Paris Développement, #18, mars 2017, rubrique Grand entretien, page 10)

Au plus près des propos échangés cinq heures durant, lors de ces Assises, nous pouvons affirmer que la seule perspective garantissant un avenir soutenable est de conjuguer

  1. la recherche immédiate de solutions souples et légères visant à satisfaire les besoins les plus urgents de transports collectifs dans un contexte d'ores et déjà proche de l'embolie.
     
  2. la remise sur le métier du schéma d‘ensemble des circulations sur le plateau en partant de la réalité empirique des flux à court, moyen et long terme. C'est ce que nous vous demandons d'entreprendre avec nous, en rompant définitivement avec le dogme ressassé depuis plus de dix ans par le lobby techno-industriel et ses succursales académiques, ses annexes immobilières et ses prolongements politiques dans les institutions en trompe-l'œil de la "marque" Paris Saclay...

Faute d'écoute, pour le moment du moins, à cause d‘une fébrilité entretenue au moyen d'urgences fabriquées de toutes pièces (l'Expo 2025 est, à cet égard, un cas d'école), nous nous proposons d'utiliser les points les plus saillants de notre colloque pour enrichir de manière significative le contenu de nos réponses lorsque la Société du Grand Paris consentira à produire son mémoire en défense devant le Conseil d'État. Pour autant, il nous semble aussi raisonnable que légitime d'échanger avec vous sans nous cantonner dans la seule voie contentieuse. Notre colloque a bien mis en relief que la ligne 18 serait disproportionnée au regard des prévisions de trafic, du fait qu’elle traverse un territoire très peu dense, que son tracé est perpendiculaire aux flux de déplacements et qu'elle interconnecterait des bassins de vie et d‘emploi qui n‘ont quasiment rien en commun; elle serait ainsi génératrice d'étalement urbain. Plusieurs points comme ceux-ci mériteraient, selon nous, une discussion à frais nouveaux en justifiant d'un engagement de l'État: la nature des enquêtes socio-démographiques à entreprendre ; la formalisation d'un modèle des flux de déplacements; la prise en compte des observations et des recommandations de MSN ; les alternatives à la ligne 18 beaucoup mieux en phase avec les vrais besoins, les fortes contraintes financières et l'inexorable transition énergétique.

Dans cette perspective, nous vous invitons à nous rencontrer et pourquoi pas sur le plateau de Saclay, dans une de nos mairies à une date à votre convenance. En attendant, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, en l'assurance de notre haute considération.